Preconisations a la realisation de filtres plantés de roseaux— SATESE DU TARN

Suite aux Journées Techniques E.P.N.A.C. (Evaluation des Procédés Nouveaux d’Assainissement des petites et moyennes Collectivités), qui se sont déroulées les 23 et 24 septembre 2014 à MONTPELLIER, des interventions de I’I.R.S.T.E.A. (Institut National de Recherche en Sciences et Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture), associées aux préconisations du S.A.T.E.S.E. (Service d’Assistance Technique aux Exploitants de Stations d’Epuration), font ressortir les points suivants:
DEVERSOIR D’ORAGE
Le déversoir d’orage, situé en tête d’installation, est facilement réglable dans le temps par une simple manipulation.
La lame déversante sera au minimum d’un mètre de long, quelle que soit la capacité de l’installation. En cas de risque de forts débits, la mise en place d’un trop plein sur le regard amont pourra être étudié.
L’effluent by passé sera éventuellement orienté dans sa totalité dans la mesure du possible vers une Zone de Rejet Végétalisée (Z.R.V.) ou toute autre technique visant à éviter le rejet direct dans le milieu récepteur.
Un système rustique de dégrillage d’un entrefer supérieur à 50 mm pourra permettre de récupérer les déchets grossiers du by pass.
PRETRAITEMENTS
Un dégrilleur manuel avec un entrefer de 40 mm associé à un panier égouttoir sera préconisé (30 mm dans le cas d’un poste de relèvement immédiatement en amont).
Dans le cas de l’utilisation de chasse à clapets l’espacement entrefer devra être inférieur à 40 mm de manière à retenir les matières de petites tailles qui sont susceptibles de perturber l’obturation complète du clapet (lingettes, graviers). Dans ces conditions, prévoir un volume de déchets supplémentaires à gérer. Le profil des barreaux sera rectangulaire.
Le dessableur et le dégraisseur sont facultatifs, sauf cas particulier justifié.
CHASSE HYDRAULIQUE SYSTEME D’ALIMENTATION
Cet ouvrage sera constitué:
d’un réservoir accessible,
d’un dispositif de by pass et de vidange complète de l’ouvrage pour permettre les opérations de maintenance,
d’un débit moyen pendant la vidange qui sera au moins égal à 0,5 m3/h par m2 de casier planté de roseaux alimenté pour une bonne répartition,
d’une bâchée qui fournira environ 2 à 4 cm d’eau à la surface du filtre alimenté,
d’un compteur de bâchées, de préférence mécanique,
d’une couverture réalisée par un caillebotis ou équivalent,
d’un point d’eau qui sera prévu pour le nettoyage de l’ouvrage,
d’une contre pente permettant aux déchets organiques de ne pas stagner dans l’ouvrage,
d’un système d’alimentation par syphon ou autre système qui s’affranchira de dysfonctionnement lié à la présence de déchets type lingettes, graviers….


REPARTITEUR
L’alternance des bassins se. fera grâce à un système simple évitant au maximum les manipulations contraignantes ou répétitives, et ce, chaque 3,5 jours.
COMPOSITION DES FILTRES PLANTES
La surface minimum concernant des unités de traitement à un seul étage sera au minimum de 1,5 m2/éq. hab. et composée de 3 filtres en parallèles. Pour les toutes petites capacités, il pourra être envisagé seulement 2 casiers.
La surface minimale des unités de traitement à 2 étages sera de 1,2 m2/éq. hab. pour le premier étage, 0,8 m2/éq. hab. pour le deuxième, (sauf technique particulière).
La surface utile est la surface visible des filtres.
Pour le 1e étage, au minimum un point d’alimentation pour 50 m2.
La réception de l’effluent sur les filtres du premier étage sera assurée par des plaques anti-affouillement béton ou la mise en place de galets (120/1 80) au niveau des points d’injection.
Les filtres seront conçus pour accepter au moins une charge hydraulique de temps de pluie correspondant à quatre fois le débit de temps sec journalier sans dépasser des lames d’eau cumulées supérieures à 1,6 m par jour. Les constructeurs sont libres cependant de proposer des lames d’eau de leurs choix.
La granulométrie des matériaux de remplissage de la partie filtrante sera comprise entre 2 et 6 mm, en privilégiant la fraction 2/4, et ceux-ci devront être calibrés et lavés. Le pourcentage de fine sera inférieur à 3 % et une teneur en calcaire exprimée en Ca CC3 inférieure à 20 % en masse.
Les matériaux de type roulé seront à privilégier, sans écarter pour autant les matériaux concassés.
La hauteur de matériau de la partie filtrante sera au minimum de 0,60 m. avec un maximum de 0,80 m. Des couches de transition pourront être mises en oeuvre de façon à éviter la migration de matériaux filtrants vers la partie inférieure du filtre (respect de la règle de Terzaghi).
L’éventuel
2éme étage: la couche de sable filtrante sera conforme au fuseau préconisé par I’l.R.S.T.E.A. Son épaisseur sera de 30 à 60 cm avec une couche de transition d’environ 10 à 20 cm de gravier de 5 à 10 mm et une couche drainante d’environ 10 à 20 cm de 20/40 mm (règle de Terzaghi).
Sur chaque étage, les filtres seront aménagés de manière à ce qu’ils puissent être maintenus en immersion sous quelques centimètres d’eau pendant 10 jours successifs maximum, avec une surverse vers le point de sortie.
L’étanchéité du filtre se fera grâce à une géomembrane associé à deux couches de géotextile et d’un revêtement antipoinsonnement ou anti-racinaire.
L’entreprise qui réalisera les travaux sera certifiée ASQUAL.
Un accès aux différents casiers sera prévu, (escaliers..).
Les plans de roseaux seront de 4 au m2 et de type phragmites australis et plantés autour des points d’injection.
Les drains auront un diamètre de 160 mm minimum.
Les canalisations d’alimentation des filtres ainsi que les cheminées d’aération des drains seront en matériaux inoxydable (inox de préférence) et inaltérable par les UV.
Une analyse granulométrique des différents étages sera réalisée à la charge du constructeur. Le prélèvement sera effectué lors de la pré-réception des travaux en présence des différents partenaires (maître d’ouvrage, maître d’oeuvre, A.M.O., Agence de l’Eau Adour-Garonne, Conseil Général,
…).
Les essais et contrôles en cours de travaux, (au titre de l’autocontrôle et/ou d’une démarche qualité de(s) entreprise(s)), analyses chez le fournisseur, analyses régulières avant remplissage des filtres, conformités visuelles contrôlés par le constructeur, le maître d’oeuvre, doivent être autant de points critiques permettant la mise en place de matériaux de qualité.
La rotation des filtres sera de 3,5 jours d’alimentation suivie de 7 jours de repos pour un filtre à 3 casiers, 7 jours d’alimentation suivie de 7 jours de repos pour un filtre à 2 casiers.
Concernant la hauteur de revanche, elle sera au minimum de 50 à 60 cm, de façon à permettre un stockage de boues (30 cm) en parallèle d’un fonctionnement normal de l’installation (lame d’eau….
).
Un accès aisé autour des bassins du premier étage (4 m minimum) permettra entre autre leur curage à terme. Il n’y a pas d’obligation de stabiliser l’ensemble de cette zone par la création de voiries.
Les bordures du filtre pourront être recouvertes de galets concassés 20/40 ou supérieurs.

ZONE DE REJET VEGETALISEE FOSSE FILTRANT
Une étude de sol (étude hydrogéologique) sera réalisée préalablement et fournie aux Entreprises en amont du projet. On fera référence au « contenu des études préalables à la réalisation d’une zone de rejet végétalisée » (cf site
EPNAC).
La Zone de Rejet Végétalisée et/ou fossé filtrant tiendront compte des éléments fournis dans l’étude de sol.
La Zone de •Rejet Végétalisée ne fait pas partie du traitement. Ils seront néanmoins compris dans l’enceinte de la station d’épuration délimitée par une clôture conforme au fascicule 81 du C.C.T.G.
Dans le cas de Zones de Rejet Végétalisées, elles seront conçues si possible, avec une succession de bassins ou des bassins en parallèle avec une sur profondeur dans le premier quart, de façon à stocker la matière organique éventuellement apportée par le déversoir d’orage. Une hauteur d’eau minimum et réglable pourra être prévue au niveau de ces bassins et l’ensemble de cette zone recouverte de végétaux aquatiques ou hydrophytes adaptés, cependant on pourra laisser se développer une végétalisation naturelle.
Prévoir si possible des hauteurs d’eaux et des pentes diversifiées. Les pentes des talus seront très faibles.
Une forme sinueuse permettra une meilleure intégration paysagère, tout en augmentant les surfaces de contact entre les berges et la zone de dissipation, facteur d’amélioration de l’auto-épuration.
Une alternance des Zones de Rejet Végétalisées en typologie de bassins est souhaitable avec la possibilité de pouvoir:
Alimenter un bassin et puis l’autre,
Les 2 à la fois,
Aucun,
Alimenter ou pas par le bypass.
Lors d’une réunion de chantier, une présentation par l’entreprise de la zone de rejet végétalisée ou du fossé filtrant, sera validée par l’ensemble des partenaires institutionnels.
De façon à pouvoir réaliser des prélèvements ou une mesure de débit, la sortie de la zone de rejet végétalisée sera équipée d’un regard d’l mètre sur I mètre. A la demande de la DDT et du SATESE, un canal débitmétrique pourra être exigé en fonction de la capacité de l’unité de traitement, Il faut favoriser l’accès afin de faciliter l’entretien et d’éventuels curages.

AUTOSURVEILLANCE
On se référera à l’arrêté du 22 juin 2007 « relatif à la collecte et au traitement des eaux usées des agglomérations d’assainissement ainsi qu’à la surveillance de leur fonctionnement et de leur efficacité, et aux dispositifs d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique supérieure à 1,2 kg/j de DBO5 » et notamment aux articles 14 et 15 du présent arrêté.
Cependant, quelle que soit la taille de l’installation, elle devra être équipée:
d’un compteur de bâchées sur chaque chasse (de préférence mécanique)
de compteurs horaires sur les pompes de relèvement pour les stations d’épuration équipées d’un poste de relèvement. Dans le cas d’alimentation par un poste de relèvement des systèmes de traitement, une note précise du paramétrage des postes de relèvement sera fournie afin de connaître avec précision la façon dont la gestion des flux hydrauliques est prise en compte.
d’un point de prélèvement en sortie et de comptage.
Concernant les stations d’épuration inférieures à 200 éq. hab., compte tenu de la difficulté de réaliser un dispositif fiable de mesure de débit, un compteur de bâchées sera suffisant.
REMARQUES GENERALES
Par rapport au C.C.T.P. du marché, tout changement devra faire l’objet d’une validation préalable du Maître d’ouvrage, de son Maître d’œuvre,de son Assistant à Maîtrise d’Ouvrage, et si besoin des partenaires techniques et financiers.
Ces préconisations ne sont en aucun cas impératives mais seulement dés recommandations ou conseils techniques guides, laissant aux entreprises la possibilité d’innover en ces domaines.
A noter pour les maîtres d’oeuvre, maître d’ouvrage, exploitants, bureaux d’études, l’accès au site internet EPNAC (http:I!epnac.irstea.fr) où des publications notamment sur les Filtres Plantés de Roseaux sont régulièrement mises à jour.

CCTVA

CCTVA

CCTVA est présidée depuis sa création par M. Jean Cambon, maire de Nègrepelisse, conseiller général, vice-président du Conseil général chargé de l’Environnement, administrateur de l’Agence de l’Eau. L’action de M. Cambon dans le département est orientée sur le développement de techniques écologiques, respectueuses de l’environnement, et la diffusion de l’innovation.

CCTVA gère l’assainissement eaus usées des sept communes de son territoire, en exploitation et en travaux. Historiquement, la rénovation de la station d’épuration de Saint-Etienne-de-Tulmont, première opération importante menée par CCTVA et achevée en 2007, a permis de tester la filière intégrant les lagunes existantes entre les deux étages de filtres plantés qui sera appliquée à Nègrepelisse l’année suivante.